Sait-on jamais ce qui est important ? Ce qui compte vraiment ? y pense-t-on seulement ?
Remplir sa vie comme on bourre un placard. Et puis un jour, ça déborde, on entre ouvre la porte et tout vous tombe sur les pieds.
On regarde tout ça par terre. On ramasse à grandes brassées et enfin, on se décide à trier.
Mettre de l’ordre dans ses priorités…
Ce que l’on croyait indispensable c’est éloigné, lentement, insidieusement.
On a empilé les jours et peu à peu, les souvenirs s’effacent.
On n’oublie pas…
ça fait moins mal… C’est tout…
Alors on lâche peu à peu, relâcher… Le lien est toujours là, mais moins serré. On commence a ne plus attendre autant. La porte n’est plus qu’entrebâiller, pas encore tout à fait fermée… Un vent très doux, impalpable qui emporte avec lui le reste de ce qui restait.
ça fait moins mal… C’est tout.
Lentement, insidieusement, même la douleur s’en va. Elle emporte avec elle les souvenirs. implacablement, le temps fait son oeuvre… malgré tout, malgré nous. On se courbe encore un peu. On se soumet au quotidien… dociles. Les défis sont déjà bien loin…
ça fait moins mal… C’est tout.
Alors, une fois encore, se remettre debout, reprendre le chemin, avancer la tête vide, regarder devant… Pas trop loin devant, juste là, tout près, à peine plus loin que l’enfant, lui éviter de tomber, lui emboîter le pas et aussi le précéder, montrer la route…
Et puis, si près déjà, lâcher sa main, le laisser grandir.
Partir…
Le silence pour compagnon, le vide pour avancer.
Même les larmes ont séchées…
ça fait moins mal… C’est tout.
Reste la nostalgie de l’impossible, la nostalgie de l’impatience…Tout devient calme… Si calme.
La patience à endormie la folie…
Si belle et si lointaine folie. La folie qui fait croire qu’on est encore vivant…
Et un matin, on se réveille, différent. Les pieds courrent moins vite. On lève les yeux au ciel en buvant son café, on se dit qu’on ira voir plus tard, que de toute façon plus rien ne presse, que le vide a bien le temps… d’attendre… la déception est de moins en moins grande. L’absence de moins en moins lourde… ça ressemble à une défaite, à du gâchi… Et d’un haussement d’épaule on prend le jour qui vient.
ça fait moins mal… ç’est tout.