Sait-on jamais ce qui est important ? Ce qui compte vraiment ? y pense-t-on seulement ?
Remplir sa vie comme on bourre un placard. Et puis un jour, ça déborde, on entre ouvre la porte et tout vous tombe sur les pieds.
On regarde tout ça par terre. On ramasse à grandes brassées et enfin, on se décide à trier.
Mettre de l’ordre dans ses priorités…
Ce que l’on croyait indispensable c’est éloigné, lentement, insidieusement.
On a empilé les jours et peu à peu, les souvenirs s’effacent.
On n’oublie pas…
ça fait moins mal… C’est tout…
Alors on lâche peu à peu, relâcher… Le lien est toujours là, mais moins serré. On commence a ne plus attendre autant. La porte n’est plus qu’entrebâiller, pas encore tout à fait fermée… Un vent très doux, impalpable qui emporte avec lui le reste de ce qui restait.
ça fait moins mal… C’est tout.
Lentement, insidieusement, même la douleur s’en va. Elle emporte avec elle les souvenirs. implacablement, le temps fait son oeuvre… malgré tout, malgré nous. On se courbe encore un peu. On se soumet au quotidien… dociles. Les défis sont déjà bien loin…
ça fait moins mal… C’est tout.
Alors, une fois encore, se remettre debout, reprendre le chemin, avancer la tête vide, regarder devant… Pas trop loin devant, juste là, tout près, à peine plus loin que l’enfant, lui éviter de tomber, lui emboîter le pas et aussi le précéder, montrer la route…
Et puis, si près déjà, lâcher sa main, le laisser grandir.
Partir…
Le silence pour compagnon, le vide pour avancer.
Même les larmes ont séchées…
ça fait moins mal… C’est tout.
Reste la nostalgie de l’impossible, la nostalgie de l’impatience…Tout devient calme… Si calme.
La patience à endormie la folie…
Si belle et si lointaine folie. La folie qui fait croire qu’on est encore vivant…
Et un matin, on se réveille, différent. Les pieds courrent moins vite. On lève les yeux au ciel en buvant son café, on se dit qu’on ira voir plus tard, que de toute façon plus rien ne presse, que le vide a bien le temps… d’attendre… la déception est de moins en moins grande. L’absence de moins en moins lourde… ça ressemble à une défaite, à du gâchi… Et d’un haussement d’épaule on prend le jour qui vient.
ça fait moins mal… ç’est tout.
12 janvier 2009
ça fait moins mal … c’est tout.
25 commentaires »
Flux RSS des commentaires de cet article. URI de Trackback
Beau texte, qui m’évoque évidemment la chanson de Léo Ferré “Avec le temps”…
Commentaire par Danalyia — 12 janvier 2009 @ 11:04
Sans doute qu’avec le temps on devient philosophe et les choses se relativisent. C’est une autre forme de bonheur, peut-être un retour à l’essentiel…
Commentaire par Jean Botquin — 12 janvier 2009 @ 11:15
Tu veux une lettre d’amour, prends soit la première, soit la deuxième d’un amour délocalisé.( Gondole…) Elles sont sur mon blog mais il faut bien remonter dans le temps. Ou bien je t’en envoie une des deux…
Commentaire par Jean Botquin — 12 janvier 2009 @ 11:22
je ne pense pas que ce soit tout
Commentaire par Rose B — 12 janvier 2009 @ 13:11
Jolie, la métaphore du placard qui déborde!
Les coups de blues c’est inévitable, mais ce qui compte vraiment c’est de retrouver l’estime de soi et ne jamais tomber dans le camps des “aquoibonistes”.
Après, ça ne fait plus mal, c’est tout.
Commentaire par Antiblues — 12 janvier 2009 @ 14:57
Les portes coulissantes pour les placards, non? Les débordements sont moins importants, moins inattendus, plus contrôlables. Même s’il faut, malgré tout, remettre les choses en place.
Baltha
Commentaire par balthazar — 12 janvier 2009 @ 15:35
le deuil d’une relation en plusieurs étapes selon petit papa barbu:
d’abord le déni, puis la colère, puis la dépression suivie de la résignation et enfin l’acceptation (tout ça bien sûr ça fait mal)))
mais dans l’acceptation il y a une délivrance
Commentaire par Rose B — 13 janvier 2009 @ 09:30
Chaise et table perdus dans l’herbe loin des terrasses parisiennes…
Commentaire par unevilleunpoeme — 13 janvier 2009 @ 12:02
Un poème, et il est superbe. Superbe également, le Soleil !
Commentaire par Mimi Vaurien — 13 janvier 2009 @ 12:43
Les pieds courent moins vite, peut être est-on cependant plus léger ?
Commentaire par la Mère Castor — 13 janvier 2009 @ 14:12
Je suis assez d’accord avec Rose ; dans l’acceptation il y a une délivrance …
Malheureusement la douleur est un passage obligé , le deuil …
Hum , le coup des portes coulissantes ! Pas mal !!
Je t’embrase fort Constance
Amitiés
Helena
Commentaire par helenablue — 13 janvier 2009 @ 19:41
C’est vrai que ça fait juste “moins mal, c’est tout”.
Commentaire par Mû — 14 janvier 2009 @ 09:05
Avec les placards il faut sans cesse renouveler les doses antimites.
Commentaire par balthazar — 14 janvier 2009 @ 11:04
Oui, c’est vrai Danalyia. Avec le temps … Je n’y avais pas pensé.
Commentaire par Constance — 14 janvier 2009 @ 21:01
Mais l’amour n’est-il pas essentiel Jean ? Ce n’est pas toi qui me diras le contraire !
Commentaire par Constance — 14 janvier 2009 @ 21:02
Merci Jean. J’ai prêté “La gondole …” a une amie. Dès qu’elle revient, c’est avec plaisir que je t’emprunterai une lettre d’amour.
Commentaire par Constance — 14 janvier 2009 @ 21:04
C’est vrai qu’on se sent nul dans ces cas là… Garder l’estime de soi, oui, c’est primordial, vital …
Commentaire par Constance — 14 janvier 2009 @ 21:06
Baltha, tu le sais bien, les portes coulissantes ne vont rien y changer. Quoi que …
Commentaire par Constance — 14 janvier 2009 @ 21:08
Bien vu Rose ! Merci.
Commentaire par Constance — 14 janvier 2009 @ 21:09
@ une ville un poème : Même les bistrots parisien n’y pourront rien …
Commentaire par Constance — 14 janvier 2009 @ 21:11
Hélèna, tu “m’embrase” fort ! Comme tu y vas ma belle. Je t’embrasse aussi !
Commentaire par Constance — 14 janvier 2009 @ 21:13
N’est-ce pas Mû, on passe tous par là un jour ou l’autre.
Commentaire par Constance — 14 janvier 2009 @ 21:16
T’as beau rouler des mécaniques Baltha, j’aimerai t’y voir !
Commentaire par Constance — 14 janvier 2009 @ 21:17
Quel magnifique texte, ça me rejoint tellement…
Il faut continuer d’espérer même si nos croyances sont vannées…
Bisous xxx
Commentaire par magenta — 15 janvier 2009 @ 17:37
Très beau texte.
Merci beaucoup
Commentaire par arpenteur — 20 février 2009 @ 09:27