
Ce matin, la nuit est repartie sur la pointe des pieds et je lui ai dit à demain.
Ce matin, j’ai pensé que je n’aurai pas dû penser à toi en m’endormant. Que tu prenais trop de place sous mes draps, que je devrai recoudre les chairs béantes où tu t’es incrusté.
Ce matin, j’ai cru un instant que j’étais plus forte qu’hier
Ce matin, j’ai fermé les paupières pour regarder dedans et j’y ai vu un champ de bataille sans guerriers
Ce matin, quand le jour s’est levé, je lui ai dit qu’il était en retard. Que toute la nuit je l’avais attendu, espéré et que maintenant il était l’heure pour moi de fermer les volets.
Ce matin le jardin, les mains dans la terre et l’eau sur les pieds
Ce matin je n’ai envie de penser à rien … Prendre ce qui vient
Ce matin j’ai pensé à hier comme-ci c’était demain. Je me suis revue affichée sur les murs de la ville alors qu’aujourd’hui personne ne me connaît.
Ce matin, j’ai pris un bain en pensant au désert et aux peaux craquelées. J’ai regardé mes hanches et pensé au bébé. J’ai passé sur mon corps les crèmes et les parfums que j’ai aussitôt enfouis sous des couches superposées.
Ce matin j’ai eu envie d’être amoureuse … de vous … de toi … et de le chanter.